Encyclopédie internationale multilingue de la réadaptation

Les encéphalites et méningo-encéphalites

Véronique Leroy-Malherbe
SESSD APF d'Arpajon et d'Orsay (91), médecin attaché au service de neuropédiatrie et de rééducation fonctionnelle infantile de Kremlin Bicêtre

Dr. Véronique Leroy-Malherbe
SESSD APF d'Arpajon et d'Orsay (91), médecin attaché au service de neuropédiatrie et de rééducation fonctionnelle infantile de Kremlin Bicêtre

L'encéphalite aiguë est une affection rare et grave de l'enfant, qui correspond à une inflammation du tissu cérébral et des méninges (on parle alors de méningo-encéphalite). Dans la grande majorité des cas, elle est secondaire à une infection virale. L'importance des séquelles neurologiques dépend du virus responsable et de l'âge de survenue.

Comment se manifeste-t-elle?

Elle peut survenir de la période néonatale jusqu'à l'adolescence. Au début s'associent les signes généraux inflammatoires (fièvre) et des signes d'atteinte des fonctions supérieures (désorientation, trouble du langage) qui vont s'aggraver (trouble de la conscience puis coma, convulsion). La régression de ce tableau se fait sur une durée variable et laisse place le plus souvent à des séquelles neurologiques préoccupantes. Le diagnostic est confirmé par le scanner ou l'imagerie par résonance magnétique, et l'électroencéphalogramme. La méningite souvent associée est mise en évidence à l'examen du liquide céphalo-rachidien (LCR) par ponction lombaire.

Quelle en est la cause?

C'est le plus souvent un virus (rougeole, herpès). L'encéphalite survenant dans les suites d'une rougeole est la plus fréquente (1 cas sur 1000 à 2000 cas de rougeole). L'encéphalite herpétique est plus rare et peut être contractée dans la période néonatale si la mère présente un herpès génital. Dans 30 à 50 % des cas, aucune cause n'est cependant retrouvée.

Comment évolue-t-elle?

À la phase aiguë de la maladie, le risque vital est important (surtout dans l'encéphalite herpétique du nourrisson avant 1 an: 50 % de mortalité). Une fois jugulé par le traitement ou l'évolution naturelle, le processus inflammatoire laisse une cicatrice, responsable des séquelles. Suivant l'âge de survenue et le virus en cause, le handicap peut être un déficit moteur, un déficit intellectuel important, un trouble du langage, un trouble du comportement, une épilepsie, un polyhandicap, etc.

Quel traitement ou prise en charge peut-on proposer ?

Le tableau infectieux initial nécessite l'hospitalisation, parfois en réanimation prolongée. Un traitement antiviral spécifique, lorsqu'il existe (herpès), permet de réduire considérablement la mortalité. L'appréciation des séquelles neurologiques motrices, intellectuelles ou neuropsychologiques guidera la prise en charge ultérieure de l'enfant. La prévention repose sur la vaccination pour la rougeole. Pour l'herpès (pas de vaccin), la prévention réside d'abord dans la prise en charge des infections génitales de la femme enceinte.

Vivre avec une encéphalite ou une méningo-encéphalite

Il peut s'agir d'aider un nourrisson polyhandicapé ou bien de soutenir un jeune qui présente des difficultés scolaires secondaires à une aphasie. Tous ces enfants ont vécu une hospitalisation initiale dans un contexte lourd. Au sortir de cette période, les signes de récupération ont été guettés sur une durée de plusieurs mois. Une récupération rapide ne doit pas faire négliger des troubles moins bruyants, telles des difficultés dans le domaine du langage.

Source

Association des paralysés de France. 1996. Déficiences motrices et handicaps, Aspects sociaux, psychologiques, médicaux, techniques et législatifs, troubles associés. Paris : Association des paralysés de France. 505 p. Used with permission.

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